Une société plurielle

Rubichelo Monde

On dit que les esprits extraordinaires transforment les mots simples en poèmes superbes.  Et oui, c’est vrai.  Leonard Cohen est un d’eux. Écrivain, compositeur,  interprète et poète, Cohen cache sa grandeur dans la modestie de son regard. Par le monde entier,  il est connu  comme un chanteur canadien, mais seulement ses adeptes fidèles savent qu’il est aussi un Québécois, un Québécois né à Montréal le 21 septembre 1934. Il chante en anglais, cependant ses paroles gardent toujours un espace pour la phrase élégante, pour l’expression en français.  Il est l’aventureux qui va par les chemins utilisant vers et musique comme axe de vie.

     En effet, les lettres sont sa première passion, d’abord comme lecteur, puis comme écrivain. Sa première collection de poèmes, Let Us Compare Mythologies, a été publiée en 1956.  Cinq ans plus tard, il a lancé The Spice Box of Earth, œuvre qui l’a rendu célèbre à jamais au Canada et à l’étranger.  En Grèce, Cohen publie ses romans, The Favorite Game et Beautiful Losers, dans les années 60.  En somme, Cohen a écrit douze livres, mais il affirme qu’il s’agit d’un seul, parce que « chaque poète possède un poème et chaque romancier a une histoire, donc tous mes livres représentent un seul poème ».

     Ensuite, la musique.  Avec elle, Leonard a décidé d’habiller ses poèmes pour toucher le cœur de tout le monde. En 1966, le  succès arrive  avec la chanson Suzanne, puis Cohen signe un contrat avec Columbia Records qui lance son premier disque Songs of Leonard Cohen.  À partir de ce moment, commence  l’ascension de sa carrière artistique. En 1984, il compose sa chanson la plus célèbre : Hallelujah, thème musical de plusieurs films.  D’ailleurs, les chansons Bird on a Wire, I’m your man et The Future, parmi d’autres, font partie des classiques du rock, du folk et des blues. Dans son œuvre, il évoque autant la sexualité comme la religion avec un trait de mélancolie et d’humour noire.

     Sans doute, Leonard a une conscience au-delà de la norme.  Sa spiritualité lui permet d’atteindre le cœur et l’âme de tous.  Son héritage juif ne l’empêche pas de s’abreuver des eaux du christianisme et du bouddhisme Zen.  Il a influencé  plusieurs générations d’artistes de toute la planète et surtout du monde anglophone.  Le Québec francophone arrive un peu en retard à le reconnaitre, mais finalement le fait.  Son œuvre est et sera source d’inspiration pour toujours. Lui, c’est Leonard, le solitaire, l’austère, le spirituel, le fils de la Belle Province qui s’est rendu universel.